Ce que Qualiopi m’a apporté (suite)

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  • Dernière modification de la publication :2 avril 2023
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Il y a trois semaines, je vous ai fait part de mes premières impressions sur Qualiopi et de ce que m’a apporté la préparation de cette certification. Aujourd’hui, je souhaite préciser ces premières constatations.

En ce qui me concerne, Qualiopi a mis en évidence ce qui est peut-être le plus important dans l’apprentissage de l’anglais : les savoir-faire de base de cet l’apprentissage. Présents à des degrés différents en chacun de nous, il importe de les développer si on veut pouvoir passer des caps, similaires aux “plafonds de verre”, obstacles invisibles qui font obstacle à la progression des femmes aux postes de direction. Je m’efforce de mettre peu à peu en évidence ces composants comportementaux qui participent à la prise en main du perfectionnement en anglais. Il s’agit de nommer les objectifs et de fournir les moyens concrets de les atteindre.

En voici un exemple. Si nous réfléchissons simplement à la transmission de savoir-faire de père en fils et la transmission de ces savoir-faire à d’autres, nous mettons en lumière des processus, des attitudes, des grilles de lecture et bien d’autres éléments dont je ne connais pas les noms mais qui sont des clés sans lesquelles la porte ne s’ouvre pas. Il convient de les identifier et de les nommer, pour pouvoir mettre en œuvre les moyens pour les acquérir et pour pouvoir valider ensuite leur acquisition. Les travaux sur les habiletés sociales (social skills) et sur la compensation des handicaps ont beaucoup contribué à définir des approches éducatives plus inclusives et les outils concrets associés.

C’est, il me semble, tout le sens de l’ingénierie de la formation. Il ne s’agit pas uniquement de contenus à assimiler mais de mécanismes à mettre en place et à s’approprier pour gagner en efficacité. Pour la montée en compétences en anglais, je vais vous présenter trois de ces mécanismes mais il y en a d’autres.

Le premier mécanisme facilitant est une tâche de veille qui fait qu’on repère en tâche de fond les mots inconnus en contexte que nos interlocuteurs natifs nous fournissent, en réaction à ce que nous disons. Dans un deuxième temps, il faut les utiliser pour les faire valider tacitement : en l’absence de réaction verbale ou non-verbale, ils sont a priori bons.

Le deuxième mécanisme facilitant est une opération de filtrage, qui consiste à laisser glisser tout ce qu’on ne comprend pas immédiatement, pour éviter la surcharge mentale. On ne conserve que les quelques mots fréquents qu’on réussit à attraper et qui peu à peu font sens, associés aux mots qu’on connaît. La fréquence d’occurrence de certains mots inconnus est également un indice intéressant. Il est important de laisser glisser tout ce qui nous échappe, pour ne pas passer à côté de ce qui survient après. Cette plasticité mentale n’est pas simple et on ne peut s’y laisser aller que quand on a constaté à plusieurs reprises que c’est une attitude payante. Je propose des exercices spécifiques pour mettre ce mécanisme en place.

Le troisième mécanisme consiste à désactiver une attitude inhibante. Il existe un biais cognitif sur l’apprentissage des langues. Apprendre une langue n’est pas un processus intellectuel mais une opération de nature psychomotrice. Il s’agit de la capacité à entendre des sons et à les reproduire musculairement dans un certain contexte d’utilisation. De par cette nature psychomotrice, un nombre de répétitions assez élevé est nécessaire avant son assimilation, son automatisation. Il est important de conserver une auto-indulgence intacte et de ne jamais dire “je suis nul”, si les progrès sont plus lents qu’on l’espérait. Il y a les jours avec et les jours sans, et les progrès ne sont jamais linéaires. De plus, l’erreur fait partie de l’acquisition, comme la chute fait partie de l’apprentissage de l’équilibre. S’auto-flageller est un frein au perfectionnement. L’énergie doit être dédiée à 100 % à l’apprentissage, pas à se juger, ce qui bloque l’apprentissage. Comme quoi « faire » peut parfois consister à « ne pas faire ».

Est-ce que ce type de micro-mécanisme, résonne en vous ? Avez-vous décelé des choses similaires dans votre domaine d’expertise ?

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